De la « dangerosité » du vélo en ville …

Je vais le dire d’entrée, et je le répéterai probablement à la fin de cet article : faire du vélo en ville pour ses déplacements quotidiens n’est pas dangereux*

Par contre, les comportements des automobilistes et aussi de certains cyclistes peuvent parfois être dangereux, qu’ils soient liés ou pas à des aménagements inadaptés.

Je parle ici uniquement de mon expérience personnelle de cycliste urbain (99.9% de mes déplacements à vélo soit 8 000 à 10 000 km/an) saupoudrée d’un peu de statistiques.

Ce que j’ai pu constater, c’est qu’il ne viendra à l’idée d’aucun automobiliste (à part quelques très très rares dangereux criminels) de percuter volontairement un cycliste. Bien sûr ça semble logique, mais je préfère le préciser :  la plupart des automobilistes sont bienveillant envers les cyclistes !

Mais alors pourquoi arrive-t-il que certains cyclistes soient renversés par des automobilistes ? Et bien je ne vais pas ré-inventer la roue car l’association Droit au vélo a très bien résumé tout ça dans sa fiche conseil « éviter l’accident à vélo » qui recense à la fois les causes d’accidents et quelques règles très simples à mettre en oeuvre afin que ça n’arrive pas.

En appliquant ces quelques règles – qui pour la plupart deviennent « automatiques » et naturelles au bout de quelques jours/semaines de pratique régulière – il ne m’est pour le moment rien arrivé. Bien sûr,  il m’arrive (très rarement) de « me faire peur », quand un automobiliste ne m’a pas vu par exemple, mais j’ai toujours su anticiper et observer mon environnement  (les mots clés d’une bonne pratique à mon avis) pour que ça n’aille pas jusque l’accident et que j’ai le temps suffisant pour réagir.

Je reviens sur cette notion d’aménagement inadapté. Bien que l’on soit responsable de sa conduite en voiture, certains aménagements en ville incitent fortement à rouler vite et à se sentir seul sur la route. Je pense par exemple à l’invasion des feux de circulation et des sens uniques dans certaines villes suite à une circulaire de 1971 et des subventions accordées aux municipalités qui ont vu croître la vitesse et le trafic entre 20%et 40% **

Ces aménagements créés à l’époque, et d’autres ayant les mêmes effets,  subsistent encore en partie dans nos villes (de moins en moins, heureusement). Et à mon sens, c’est d’abord contre ça qu’il faut se mobiliser, avant même de réclamer des kilomètres de bandes/pistes cyclables (même si elles sont aussi importantes sur les axes « structurants » des agglomérations). Comme dans beaucoup d’autres domaines, c’est le sentiment de sécurité qui fera que les gens prendront leur vélo pour aller au travail, faire leurs courses, etc … Et voir des voitures rouler à toute allure sans se soucier des autres (oui, pour moi 50km/h en ville c’est rouler à toute allure) ne donne pas du tout ce sentiment de sécurité nécessaire (mais pas suffisant, j’y reviendrai dans un prochain article) au développement de la pratique cycliste utilitaire.

Pour finir, ne l’oubliez pas : circuler à vélo en ville n’est pas dangereux !! Et surtout, plus il y aura de vélos dans nos rues, moins il y aura d’accidents  (et ces accidents seront moins graves).

 

*Vous trouverez facilement des statistiques officielles tirées d’études très sérieuses qui montrent qu’il n’est pas plus dangereux en terme d’accidentologie de circuler à vélo qu’à pied par exemple. Des études récentes et très documentées montrent par ailleurs que le fait de circuler à vélo apporte beaucoup plus de bénéfices que de risques.

** Chiffres tirés de l’excellent travail de recherche de Frédéric Héran qu’il a présenté récemment à Dunkerque lors d’une conférence et dont voici le support : histoire_du_velo_FH

 

Image d’illustration sous licence Creative Commons (source)