Quelles conditions pour augmenter la pratique du vélo utilitaire ?

Suite à une concertation de nombreux acteurs du territoire (sous la houlette de la communauté urbaine de Dunkerque), une synthèse des résultats a été faite le 14 octobre 2013 sous le nom « Mobilités : quelles ambitions pour l’agglomération Dunkerquoise à l’horizon 2020 ? ».

Roland Ries, actuel Maire de Strasbourg* y était convié pour apporter son point de vue et son expérience. Interrogé sur les conditions nécessaires à une augmentation de la part modale du vélo dans les déplacements urbains, il a cité rapidement 3 leviers, que je vais tenter de développer ci-après.

Certains des points abordés peuvent être mis en place rapidement, d’autres nécessitent une vision à long terme de la politique urbaine. Les conditions indiquées ici sont nécessaires mais pas forcément suffisantes !

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[symple_tab title= »La sécurité »]

Que je compléterai par « le sentiment de sécurité » qui est tout aussi important.

C’est un point assez vaste sur lequel il est très difficile d’être exhaustif et je ne vais pas ici rentrer dans les détails.

Pour moi, la sécurité est intimement liée aux aménagements. Voici donc quelques pistes simples qui permettent d’aménager la voirie de façon à ce que tous les modes de déplacements cohabitent.

  • Transformer les routes de nos quartiers en rues « vivantes », en systématisant les zones 30 et en utilisant les zones de rencontres. Il faut bien sûr aménager de façon à limiter la vitesse et le flux de circulation. Ce dernier point est crucial, car apposer un panneau 30 à l’entrée d’une voie ne sert à rien si celle-ci invite à rouler vite ! Ce panneau peut même être contre-productif car frustrant pour les utilisateurs de la voie ne comprenant pas le pourquoi de cette limite.

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  • Ne pas oublier d’implémenter les doubles sens cyclables et cedez-le-passage cyclistes aux feux qui facilitent grandement les trajets !
  • Border les axes structurants de nos villes de bandes cyclables pour faciliter les déplacements « inter-quartiers »
  • Doubler les voies à fort trafic de pistes cyclables.
  • Pour les ronds points, ils sont à étudier au cas par cas. Leur franchissement et leur aménagement sont souvent complexes pour les vélos. Le mieux est p-e de ne pas en faire 🙂
  • Donner la priorité aux modes doux aux intersections (hors carrefours à feux).

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[symple_tab title= »Le stationnement »]

On a plus de facilité à prendre son vélo, si on est sûr de trouver un stationnement de qualité à la fin de son trajet. Il faut donc systématiser les arceaux à vélo (les plus simples, en forme de U renversés sont les meilleurs, en plus d’être les moins chers !).

Il faut aussi informer les commerçants sur ces enjeux auxquels ils ne sont pas forcément sensibles. Ils croient souvent à tord que leur fréquentation dépend uniquement de la possibilité de stationner en voiture à proximité Il a été montré que les personnes faisant leurs achats à vélo le font plus régulièrement et dépensent donc un peu plus d’argent que ceux qui le font en voiture. De plus les cyclistes fréquentent plutôt le petit commerce de proximité que les hyper/supermarchés.

Un des autres enjeux du stationnement vélo est l’intermodalité. Il est indispensable de pouvoir laisser son vélo dans de bonnes conditions pour changer de mode de transport. C’est actuellement un gros frein à la pratique utilitaire.

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[symple_tab title= »Les mentalités »]

Environ 50% des déplacements urbains font moins de 3km. Partant de ce constat, il est indispensable de faire comprendre au grand public que cette distance peut-être parcourue aussi vite, voire plus vite à vélo qu’en voiture. Et qu’en plus, on se gare gratuitement et au plus près de la destination (si il y a du stationnement prévu, c.f. onglet précédent).

Des campagnes d’information et de promotion régulières doivent être mises en place afin de contredire les idées reçues sur le vélo (je ne m’étendrai pas sur ce point qui fera l’objet d’un article futur).

La mise en place de vélos en libre service est une bonne chose, qui peut rendre service dans certains cas. Mais elle constitue avant tout pour moi un moyen de promotion supplémentaire qui contribue à la visibilité du vélo utilitaire.

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 *Ville de France ayant la plus grande part modale de déplacement à vélo.

Photos d’illustration sous licence creative commons (sourcesource)

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